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méritent autant de récompenses. A
eux tous éloges.
Les prisonniers enchaînés ont été
couchés, plus loin, sur un tapis de feuilles de
hêtre, en attendant midi, l'heure du rendez
vous.
Fouillés on leur a trouvé des
papiers et des pistolets. Un des voleurs celui
qui avait essayé de se sauver portait un
portefeuilles renfermant une lettre que le
pauvre séquestré adressait à sa femme, le
suppliant en grâce de vendre et de se procurer
l'argent qu'on lui demandait. Nous n'avons pas
décachetée cette lettre par prudence par
respect. Nous avons eu tord car le contenu nous
aurait appris que nos prisonniers étaient les
vrais coupables et nous aurait fait découvrir
bien des choses relativement à la bande. La peur
les aurait empêché d'inventer et nous aurions su
ce qu'on n'apprendra peut être jamais ou trop
tard.
Les voleurs portent les noms
suivant : Cassedessail de Vilasacra, surnommé le
Castillet ; José Ferrer d'Artes près Barcelone.
Après midi nous avons
été de l'autre côté de la frontière voir les
somatens Espagnols qui gardaient aussi les
défilés, et nous leur avons fait part de notre
capture. Ils nous ont aussi fait savoir qu'ils
avaient pris, eux aussi, le troisième individu,
celui qui devait porter la somme par la fontaine
de Barnède au col Fourcat. Après avoir
fraternisé avec les Espagnols qui sont venu sur
le col Forcat, nous nous sommes séparés à une
heure, fiers de notre prise.
A St Martin ainsi que chez Mr
Reste on s'est reposé et on est arrivé au
Perthus, qu'à cinq heures du soir. Les
prisonniers sont à Céret.
Depuis il a été vu d'autres
brigands, sur qui il a fallu faire feu, ce qui
prouve qu'ils n'ont pas encore disparu et qu'ils
ne sont pas loin...
Honneur aux habitants de l'Albère
qui ont juré de faire une guerre à mort à ces
sauvages là. Pour eux plus de limites, plus de
frontière, plus d'égards, gloire à eux qui au
premier signal partent comme des véritables
lions au combat.
Que les voleurs et les assassins
qui pullulent partout, sachent qu'on est
organisé pour toujours contre eux.
Qu'on se garde bien
de venir frapper à nos portes, et que les
étrangers surtout ne se montrent pas suspect
s'ils veulent être respectés.
Avis aux brigands de
partout de la part du signataire
Reste J de l'Albère |